le printemps n’a pas de prix. le changement de décor porte ses fruits.
le printemps n’a pas de prix. le changement de décor porte ses fruits.
«Les gens pour lesquels le reggae a été inventé ne l’ont jamais décomposé en styles distincts. Non. C’est une musique qui vient de l’esclavage, en passant par le colonialisme, donc c’est bien plus qu’un simple style. Venant par la route de la patate ou la route des bananes ou les flancs des collines, les gens chantent. Pour se débarasser de leurs frustrations et élever leur esprit, les gens chantent. C’était aussi une forme de distraction pendant les week-ends, que ce soit à l’église ou à une “neuf nuits”, ou simplement devant ta maison, tu allais te mettre à chanter. Tu chantes en taillant ta haie, tu chantes en bêchant ton jardin. La musique est une vibration. C’est un mode de vie. Il faut bien comprendre que ce n’est pas seulement cette musique que l’on joue: c’est un peuple… une culture… une attitude, un mode de vie qui émane d’un peuple.» — Rupie Edwards.
J’ai appris à siffler en marchant tout seul à Paris.
Confiez-moi, il important que j’insère un extrait de Jean-Christophe dans mon journal incohérent:
«Sois pieux devant le jour qui se lève. Ne pense pas à ce qui sera dans un an, dans dix ans. Pense à aujourd’hui. Laisse tes théories. Toutes les théories, vois-tu, même celles de vertu, sont mauvaises, sont sottes, font le mal. Ne violente pas la vie. Vis aujourd’hui. Sois pieux envers chaque jour. Aime-le, respecte-le, ne le flétris pas surtout, ne l’empêche pas de fleurir, aime-le, même quand il est gris et triste, comme aujourd’hui. Ne t’inquiète pas. Vois. C’est l’hiver maintenant. Tout dort. La bonne terre se réveillera. Il n’y a qu’à être une bonne terre, et patiente comme elle. Sois pieux. Attends. Si tu es bon, tout ira bien. Si tu ne l’es pas, si tu es faible, si tu ne réussis pas, eh bien, il faut encore être heureux ainsi. C’est sans doute que tu ne peux davantage. Alors, pourquoi vouloir plus ? Pourquoi te chagriner de ce que tu ne peux pas faire? Il faut faire ce qu’on peut… Als ich kann.» - Romain Rolland.
Il faut tourner la page au sens propre de l’expression (ou figurement — c’est aussi possible) pour que je puisse demeurer. Quelle tristesse!
Gérard Manset est une figure peu connue de chanson française, l’homme sans visage. Imaginez une personne fermée et chiche de mots, compositeur donné de talent et écrivain vivant en ermite. À l’âge de 23 ans, il a écrit et composé son premier album en 1968 - l’œuvre forte, étrange qui ne va qu’au cœur. C’est la pop baroque influencée par le psychédélisme. La musique est veloutée et romantique. Soit pathétiques, soit légères, les paroles restent dans la mémoire longtemps. L’enregistrement de Animal, on est mal, son premier 45 tours, a été commenté par Manset comme suit:
« Un jour, j’ai écrit un bout de texte, sans penser que cela puisse faire l’objet d’une chanson. Je l’ai plaqué sur un accord. Un seul ! Et j’ai laissé le texte venir. C’est devenu Animal on est mal, qui est peut-être une réaction à ce qu’était la chanson à l’époque. Un ami directeur artistique s’est montré intéressé par le truc, a voulu le produire… mais il est parti en Amérique, et ça n’a pas pu se faire. Mais il m’avait foutu l’idée en tête ! Par la force des choses, je me suis débrouillé pour enregistrer et produire les titres d’un premier 45 tours : Animal, La femme-fusée et deux autres encore. »
Alors, Gérard Manset est merveilleux, c’est pourquoi on écoute son premier album aujourd’hui:

http://hotfile.com/dl/65286082/91e4d87/Gerard_Manset_-_Gerard_Manset_(1968).rar.html
Il/elle/on ne cesse pas de trouver des sottises incroyables dans la galaxie de la musique psychédélique. La folie des années soixante est vraiment incommensurable. Celle des pays francophones n’a ni foi ni loi: on marmottait drôle de mots, on chantait des sournettes merveilleuses et tout le monde n’en prenait qu’à son aise. En peu de mots, il s’agit d’un bi-ba-ba-boum-boum total des francophones (Québec-France-Belgique) qui a été bien présenté sur cette compile:

Vous savez que vous avez de la chance? Parce qu’il y a un lien:
http://hotfile.com/dl/65100025/8ac3ed1/VA_-_Quebec-France-Belgique_1968-1973_Psyche_Jello_(2004).rar.html
Il pleut fort partout. C’est le moment d’écouter une petite chanson d’un grand maître qui a sans doute un refrain parfait:
Un p’tit coin d’parapluie
Contre un coin d’paradis
Elle avait quelque chos’ d’un ange
Un p’tit coin d’paradis
Contre un coin d’parapluie
Je n’perdais pas au chang’, pardi
En 1870, Arthur Rimbaud a écrit à son professeur Georges Izambard:
“[…] J’ai les Fêtes galantes de Paul Verlaine, un joli in-12 écu. C’est fort bizarre, très drôle; mais vraiment, c’est adorable. Pafrois de fortes licences: ainsi,
Et la tigresse épou - vantable d’Hyrcanie
est un vers de ce volume. Achetez, je vous le conseille, La bonne chanson, un petit volume de vers du même poète: ça vient de paraitre chez Lemerre; je ne l’ai pas lu: rien n’arrive ici; mais plusieurs journaux en disent beaucoup de bien.”
De fortes licences? Quelles licences? Licences? Silence! Tout n’est pas clair si vous n’êtes pas français comme moi. J’appelle au secours et mr. le dictionnaire paraît immédiatement. C’est lui qui parle à haute voix maintenant.
A travers les âges, le mot licence ne voulait pas dire la même chose (je cite le petit Robert):
Ainsi, Marquis de Sade avait-il une licence pour vivre dans la licence? Bien sur que non! C’est l’homme qui a fait beaucoup de la prison!
«Pourquoi est-ce si difficile pour tellement de gens d’écouter? Pourquoi se mettent-ils à parler lorsqu’ils devraient entendre? N’ont-ils pas les oreilles sur les deux côtés de la tête mais dans la bouche ce qui les incite à parler au moindre son qu’ils entendent?» — John Cage.







Un jour, dit John Cage dans le film, en viendra-t-on à penser que les sons laids sont beaux? Le temps s’écoule. 44 ans. On n’y est pas encore venu.